Le Sirop : un jeu du Pays de Galles

J'ai retranscrit sur cette page le script d'un des sketchs de la série Kamelott diffusée sur M6 tous les soirs de la semaine. Le seigneur et chevalier PERCEVAL explique au seigneur KARADOC ainsi qu'à L'AUBERGISTE du coin un jeu de sa terre natale (le Pays de Galles) qui a pour nom : le Sirop.


(de gauche à droite : l'aubergiste, Karadoc et Perceval)

PERCEVAL
Le plus facile à apprendre, c’est le sirop.
...
Enfin, avec mes règles simplifiées parce que les règles originales, elles sont velues.
Bon, le seul truc, c’est que normalement, ça se joue à trois…
M’enfin, c’est bon, on va se démerder.
...
Le principe, c’est de faire des valeurs.
Donc là, mettons, on est trois, il y a trois valeurs à distribuer.
C’est hyper facile.
On va dire, sirop de huit, sirop de quatorze et sirop de vingt-et-un.
L'AUBERGISTE 
Mais qu’est-ce que vous entendez par "sirop" ?
PERCEVAL
Non mais vous occupez pas des sirops tout de suite.
Ce qu’il faut comprendre d’abord, c’est les valeurs.
Si vous lancez une valeur en début de tour, mettons un sirop de huit, pour commencer petit, les autres ont le choix entre laisser filer la mise ou relancer un sirop de quatorze.
KARADOC 
Mais on tourne dans quel sens ?
PERCEVAL
Dans le sens des valeurs. C’est pour ça, il faut bien comprendre le système des valeurs ; après, ça va tout seul.
L'AUBERGISTE 
Je crois qu’il faudrait faire un tour pour rien parce que là,
j’arrive pas bien à me représenter…
PERCEVAL 
Bon alors mettons que j’ouvre avec un sirop de huit.
...
Si c’est vous (l'aubergiste) qu’avez siroté au tour d’avant, ça tourne dans votre sens. Alors soit vous laisser filer, vous dites "file-sirop", soit vous vous sentez de relancer et vous annoncez un sirop de quatorze.
KARADOC
Et après, c’est à moi ?
PERCEVAL
Vous, comme on a commencé les annonces, vous avez pas le droit de laisser filer. Vous pouvez soit relancer un sirop de vingt-et-un, soit vous abandonnez le tour et vous dites "couche-sirop". Ou "sirop Jeannot", ça dépend des régions.
KARADOC 
Ah… Bah moi, ça m’est égal.
PERCEVAL
Et après, soit on fait la partie soit je fais un "contre-sirop", boum !
Et à partir de là, “sirop de pomme” sur vingt-et-un donc on fait la partie en quatre tours jusqu’à qu’il y en ait un qui sirote.
...
C’est pour ça, moi, j’ai fait des règles simplifiées.
À la gagne, il y a que trois possibilités :
Soit vous faites votre sirop de huit, vous dites "beau sirop" et on recompte, soit vous faites votre sirop de quatorze, vous dites "beau sirop, sirop gagnant" et on vous rajoute la moitié, soit vous faites votre sirop de vingt-et-un et vous dites "beau sirop, mi-sirop, siroté, gagne-sirop, sirop-grelot, passe-montagne, sirop au bon goût".
L'AUBERGISTE 
Moi, je crois qu’on devrait faire un tour pour rien…
KARADOC 
Vous avez eu raison de simplifier.
L'AUBERGISTE 
Même simplifié, j’arrive pas encore bien à me représenter…
PERCEVAL 
Sinon, moi, j’aime bien les règles originales mais c’est trop compliqué. Les gens, ils ont envie de faire une petite partie pour se détendre ; s’il faut passer trois heures à apprendre les règles…

(Les trois hommes s’apprêtent à commencer leur partie)

PERCEVAL 
Alors, qui c’est qui commence ?
...
Pour le premier tour, ça a pas d’importance.
L'AUBERGISTE
(prenant les dés)
Bon bah allez, je me lance.
PERCEVAL 
Non, non mais ça se joue pas avec des dés !
Ça se joue avec des cartes !
L'AUBERGISTE 
Mais… Mais j’en ai pas, des cartes.
KARADOC 
Merde…
PERCEVAL 
Ça fait rien, on va essayer avec des dés.
De toute façon, ce qui compte, c’est les valeurs !

Auteur : Alexandre Astier



La Grelottine : un autre jeu du Pays de Galles

PERCEVAL
C’est facile. On peut jouer soit avec des haricots, soit avec des lentilles.
Le premier qui annonce la mise, il dit mettons : « lance de seize » ou « lance de trente-deux » ou une quadruplée comme on appelle, c’est une “lance de soixante-quatre”.
Parce qu’on annonce toujours de seize en seize, sauf pour les demi-coups.
Là, celui qui est à sa gauche, soit il monte au moins de quatre, soit il passe il dit : « passe-grelot », soit il parie qu’il va monter de six ou de sept et il peut tenter une grelottine.
À ce compte-là, il joue pas, il attend le tour d’après, et si le total des mises des deux autres suffit pas à combler l’écart, il gagne sa grelottine et on recommence le tour avec des mises de dix-sept en dix-sept.
Donc mettons le suivant, il annonce une quadruplée, donc là elle vaut soixante-huit, il peut contrer ou il se lève et il tape sur ses haricots en criant « grelotte, ça picote ! » et il tente la relance jusqu’au tour d’après.

Auteur : Alexandre Astier