Conseils pratiques à l'usage
de l'apprenti créateur

Matériel informatique

Pour le passage du « projet papier » à la réalisation de la maquette, je travaille sur PC. Je dispose d’une imprimante jet d’encre couleur munie d’un scanner. Ce dernier se révèle très pratique lorsque l’on désire utiliser une image non disponible sur support informatique.

J’utilise peu de logiciels. Contrairement à d’autres créateurs, je n’emploie pas de logiciel de création d’images ou de retouche de photos très élaboré (comme Photoshop par exemple). En fait, je travaille uniquement avec le logiciel Word de Microsoft Office. Plus précisément, je me sers énormément de l’outil « dessin » de ce logiciel. J’importe facilement les images dont j’ai besoin pour la réalisation de mes cartes, pions et plateaux de jeu. Les fichiers obtenus ne prennent pas trop de place, ce qui est un avantage pour le téléchargement. Sinon, j’utilise le plus souvent les logiciels Paint et Photofiltre (gratuit). Bien que très limités fonctionnellement par rapport à d’autres logiciels, ils restent très faciles d’utilisation. J’ai parfois recours au logiciel « Excel » pour faire une base de données des éléments d’un jeu : par exemple, le nom, le nombre et les effets des cartes.

J’utilise, lors de la phase de téléchargement, le logiciel Winzip (pour la compression et le regroupement des fichiers) et le logiciel Acrobat Adobe (qui permet une lecture universelle des fichiers importants).

Enfin, mon site est conçu simplement à partir du logiciel gratuit Kompozer et la mise en ligne des fichiers se fait à l’aide du logiciel gratuit Ws FTP.




Outils et fournitures

Le matériel de base est simple : une paire de ciseau, un bon cutter et une grande règle transparente (40 centimètres) pour le découpage. Sur ce dernier point, vous pouvez utiliser une planche à découper. Personnellement, j’utilise les prospectus qui inondent ma boîte aux lettres pour cette basse besogne (la plus ennuyeuse et la plus pénible de la création ludique).

J’ai depuis longtemps résolu le problème de la colle puisque j’utilise des feuilles A4 autocollantes sur lesquelles j’imprime les éléments du jeu (principalement les pions et les plateaux de jeu). Certes, c’est plus cher, mais vous gagnez un temps fou et c’est d’une propreté impeccable. Une fois qu’on a essayé, on ne peut plus s’en passer.

Pour les cartes, j’utilise des feuilles blanches A4 de 160 grammes. Sinon, j’emploie des feuilles A4 de 90 grammes blanches (pour les règles) et de couleurs. 

Pour les marqueurs et les plateaux de jeu, j’utilise du carton plume (d’une épaisseur de 0,5 et 1 centimètre d’épaisseur). Ce matériau est léger et facile à découper, même s’il coûte plus cher. Enfin, j’ai pris l’habitude de plastifier la plupart de mes éléments avec du papier autocollant transparent afin d’accroître la durée de vie du prototype.
Là encore, l’essayer, c’est l’adopter.

Bien évidemment, vous trouverez tous ces outils et matériaux dans n’importe quelle papeterie digne de ce nom !




Images

A moins d’être un dessinateur doué ou un excellent graphiste (ce qui n’est pas mon cas), l’illustration des éléments du jeu vous oblige à recourir à des images scannées ou disponibles sur internet. Bien entendu, se pose immédiatement le problème du droit de propriété et d’utilisation des images. En général, comme je n’en fais pas d’utilisation commerciale et que je mets en libre téléchargement mes jeux, j’ai peu de scrupules sur le sujet. En clair, je me sers allègrement. Au fil du temps, je me suis constitué une bibliothèque personnelle qui pèse maintenant plusieurs Go. Lorsque j’en ai besoin, je tape dedans. J’utilise indifféremment de nombreux formats (jpg, gif, png ou bmp). Je distingue traditionnellement trois types d’images :

Les illustrations principales des cartes, des pions et des plateaux de jeu. Le mieux est de surfer sur le net et de visiter les sites qui traitent du thème du jeu. Vous pouvez ensuite retoucher les images importées.

Les illustrations purement décoratives. Il s’agit de bordures, de textures, de barres et de boutons qui servent à personnaliser l’aspect graphique des éléments du jeu. Vous pouvez ainsi créer des titres, des logos, des espaces textes, etc.

Les images des éléments du jeu que je mets sur mon site ! Pour cela, je cadre ce que je cherche à reproduire puis j’utilise la fonction « imprimer écran » du clavier de mon PC. Je colle le tout dans un fichier « Paint » que je retravaille ensuite et que je transforme finalement en fichier jpg.




Pions

Les pions peuvent devenir un véritable casse-tête lorsque leur nombre est important, et que leurs couleurs et leurs formes sont variées. Cela se produit dans des jeux (à l’allemande le plus souvent) de majorité et de contrôle de territoires. Quatre solutions existent pour s’en procurer :

La première consiste à faire appel à des professionnels. Dans les grands salons (comme Essen), des grossistes proposent des pions en bois de formes et de couleurs diverses et qui s’achètent au kilo. Vous pouvez également en acheter par internet dans des boutiques spécialisées.


La deuxième solution consiste à taper dans des boîtes de jeu que vous n’utilisez plus. Vous recyclez ainsi le matériel ludique. A ce propos, n’hésitez pas à faire le tour des puces et autres vides-greniers de votre région : on tombe parfois sur de bonnes affaires !

La troisième solution consiste à se procurer des substituts de pions. Dans certains magasins discount, j’ai trouvé des jeux de roulette de casino à moins de 4 euros qui proposaient une soixantaine de jetons de 6 couleurs différentes. J’y ai également déniché un boulier en bois (au même prix) qui, une fois démonté, m’a procuré 100 pions. Vous pouvez également utiliser les boutons que l’on trouve en mercerie ou fréquenter les magasins de bricolage et d’appareillage électrique car ils proposent des petits éléments colorés divers. Enfin, vous trouverez, dans toute bonne papeterie, des perles et autres petits éléments (fausses gemmes) qui pourront parfaitement convenir.  Je vous recommande les perles Hama (celles d'un centimètre de hauteur : les plus difficiles à trouver hélas !) vendues par pot de 600 et comprenant sept couleurs : rouge, vert, jaune, blanc, noir, violet et bleu. Toujours en fouinant dans les magazins de jouets, vous trouverez des petits puzzles mosaïques créatifs qui recèlent de nombreux cubes en plastique.

Une quatrième et dernière solution consiste à fabriquer soi-même ses pions. Là encore, plusieurs possibilités s’offrent à vous en fonction du matériau utilisé : carton plume épais (1 centimètre), pâte fimo, carrés de mosaïque, bois, balsa, mousse etc. Pour le problème des couleurs, le mieux est d’opter pour du « déjà coloré ». Dans le cas contraire, à vos pinceaux ! Cependant, il m’arrive d’utiliser des rouleaux d’adhésif colorés (disponibles en quincaillerie) afin d’habiller mes pions.




Boîtes

Depuis quelques années, je passe pour un « détraqué boîtophile » auprès de mon entourage. En effet, j’ai pris l’habitude de récupérer de nombreuses boîtes dès que j’en ai l’occasion. Le problème des boîtes devient vite gênant lorsqu’on réalise plusieurs prototypes à destination des éditeurs.

Comme pour les pions, plusieurs solutions sont envisageables.

Vous pouvez utiliser des boîtes récupérées à droite et à gauche (cadeaux, fournitures, nourriture, etc.) ou vous servir des boîtes de jeux qui ne vous intéressent plus. De plus en plus, j’utilise des boîtes de vieux puzzles achetés pour presque rien dans les brocantes et les vides-greniers.

Vous pouvez fabriquer vos propres boîtes : certains sites proposent des modèles à recopier.

Enfin, vous pouvez également en acheter (de tailles et de formes variées) en bois ou en carton dans les papeteries.




Polices de caractères

L’utilisation de polices de caractères et de dingbats (polices où les lettres de l’alphabet sont remplacées par des dessins ou des symboles) permet de personnaliser les éléments du jeu et plus particulièrement les cartes. Ces polices sont librement disponibles sur internet et sont facilement utilisables : l’installation sur PC se fait dans le répertoire « Font » de votre système d’exploitation Windows.

J’utilise généralement les polices de caractères pour les titres de mes cartes à jouer et la désignation de certains emplacements sur les plateaux de jeu. Lorsque les cartes comportent un texte descriptif conséquent, je préfère (pour des raisons de lisibilité) revenir à des polices plus traditionnelles comme « Arial » ou « Time New Roman ». De nombreux sites (le plus souvent gratuits) offrent des polices regroupées selon des thèmes précis : science fiction, western, gothique, antiquité, etc.

J’utilise souvent les dingbats pour remplacer des illustrations car ils n’alourdissent pas mes fichiers Word. Comme les polices, on peut les télécharger sur plusieurs sites gratuits et les installer de la même façon.

Cependant, un problème lié au téléchargement se pose pour les polices et les dingbats. En effet, pour pouvoir lire ces caractères, l’utilisateur du fichier doit les avoir préalablement installé sur son ordinateur. Il ne faut donc pas oublier de les inclure avec vos fichiers lorsque vous mettez ceux-ci en libre téléchargement.

Enfin, j'utilise de plus en plus, pour les titres et logos, les 
« alphabets » élaborés pour le scrapbooking : les albums photos numériques.



Eléments du jeu

La réalisation d’une maquette fait intervenir de nombreux éléments différents. Le cas des pions et des boîtes étant très spécifiques, j’ai préféré les aborder séparément.

Mes jeux font souvent intervenir des cartes à jouer. J’ai maintenant pris l’habitude (dans la mesure du possible) de standardiser leur taille. Ce n’est pas difficile puisque je travaille avec le logiciel Word : hauteur = 8,8 centimètres et largeur 6,2 centimètres. Ces mensurations correspondent à celles des jeux de cartes à collectionner comme Magic. Cela me permet de loger 9 cartes par page, côte à côte, ce qui facilite grandement le découpage. De plus, ce format permet de les glisser dans des pochettes de protection vendues dans les boutiques de jeux (ce qui évite un plastifiage long et fastidieux). Enfin, cela évite d’imprimer des faces verso.

En matière de plateaux, tout dépend du jeu. Vous pouvez, pour une grande surface, imprimer sur plusieurs pages et réunifier le tout. Cependant, il existe des imprimeurs (ou des commerces de photocopies très bien outillés) qui peuvent vous sortir une grande carte (plateau) en seul morceau. Seul inconvénient : le prix élevé demandé. Vous pouvez également utiliser des dalles plastiques sur lesquelles vous collerez votre plateau.

Je réalise également d’autres éléments comme, par exemple, des paravents de jeu pour la dissimulation ou le rappel des points de règles. Pour ce qui est des marqueurs (par exemple monétaires) que je différencie ici des pions, et des tuiles, je les conçois sous Word, puis je les imprime sur des feuilles A4 autocollantes. Je les colle ensuite sur du carton plume et les découpe au cutter. Lorsque les plateaux de jeu ne sont pas trop grands, je pratique de la même façon avec eux.

Enfin, j’ai pris l’habitude d’utiliser des socles en plastique de figurine (de 2 centimètres de coté) dans lesquels j’insère des marqueurs à encoche.




Recherches bibliographiques

De mon point de vue, un bon jeu est un jeu qui me fait voyager. Peu importe les innovations ludiques pour peu que le thème soit suffisamment accrocheur et permette une véritable immersion dans un univers riche et attrayant. La mécanique vient ensuite. Je tiens cette conception personnelle du jeu de mon passé de rôliste et de maître du jeu. C’est pour cette raison que mes créations s’inscrivent toujours dans des contextes historiques (Antiquité, Moyen Âge et Renaissance) et thématiques (le monde de la mer, le développement urbain et les luttes de pouvoir) très marqués. Afin de rendre ces thèmes très présents dans un jeu, je suis souvent amené à faire des recherches bibliographiques poussées sur internet ainsi que dans les bibliothèques municipales ou universitaires. Etant enseignant, il m’arrive de penser qu’il s’agit là d’une déformation professionnelle. Ce travail bibliographique se révèle très précieux au moment de donner des noms aux cartes à jouer et aux autres éléments du jeu. Curieusement, c’est généralement en creusant la question du thème que finit par surgir et s’imposer une mécanique particulière.

En matière d’ouvrages, ce n’est pas la peine de consulter des écrits savants rédigés par les plus éminents érudits. Je prends beaucoup de plaisir à emprunter ou à feuilleter en librairie les livres pour la jeunesse. Ils contiennent l’essentiel de la thématique et sont souvent magnifiquement illustrés. Deux collections actuelles méritent vraiment le détour. Gallimard Jeunesse propose plusieurs ouvrages (format BD) d’une grande qualité. Voilà longtemps, Hachette avait lancé une formidable collection : « La vie privée des hommes ». Par bonheur, elle est en train d’être rééditée.

Cependant, certains thèmes (notamment pour l’Antiquité et le 
Moyen Âge) peuvent nécessiter des recherches plus poussées. Dans ce cas, il peut être intéressant de consulter le site de la Bibliothèque Nationale de France qui propose des ouvrages anciens à télécharger au format pdf. Au début de vos recherches, je vous conseille vivement de passer par le site d’Amazon France, la société de vente par internet, afin de vous faire une idée précise de la bibliographie actuellement disponible (en français et en anglais) sur le thème retenu.

Enfin, lorsque vous vous lancez dans la création d’un nouveau jeu, il n’est pas inutile de consulter certains grands sites généralistes pour savoir si le thème a déjà été traité et de quelle façon. Voici, selon moi, les trois sites de référence incontournables :








A présent amis créateurs, il me reste à vous souhaiter bon courage ! N’hésitez pas à me contactez pour des conseils supplémentaires ou pour échanger des « trucs pratiques » de créateurs amateurs. Vous trouverez de nombreux sites de ressources créatives dans la rubrique « Utilitaires » de la page « Liens utiles ».

François COMBE